La police entre à Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour la première fois depuis 2018

Dans un email envoyé à l’ensemble de la communauté de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne le jeudi 11 décembre 2025 au soir, la présidente de l’université affirme :

Ce soir, je m’adresse à vous solennellement.

Pour la première fois, j’ai été obligée de demander l’intervention des forces de l’ordre.

Étudiants cagoulés, propos injurieux et menaces physiques à l’adresse des personnels, personnels de sécurité piétinés et frappés, vitres brisées et autres dégradations : c’est face à une situation en train de dégénérer gravement et face aux risques importants pour les 200 personnes présentes environ, y compris les étudiants les plus violents, que j’ai dû me résoudre à recourir aux forces de l’ordre.
Fort heureusement, à leur arrivée à l’extérieur, la situation s’est rapidement apaisée dans les locaux et leur intervention n’a pas été nécessaire. Seuls quelques policiers sont entrés dans l’université afin d’évaluer la situation et faire les constatations d’usage pour les plaintes qui seront déposées. Il n’y a pas eu d’interpellations.

Aucune mobilisation, aucun désaccord n’autorise le recours à la violence. L’université doit rester le sanctuaire d’un débat éclairé et apaisé.

Tout est mis en œuvre pour identifier et sanctionner les auteurs de ces faits d’une particulière gravité. Quant aux organisations (CGT, SUD éducation, Le Poing Levé et SAP1) qui, sous couvert de mobilisation, ont diffusé de fausses informations, ont contribué à empêcher la tenue d’une instance démocratique, le conseil d’administration, et n’ont rien fait pour empêcher ces violences, voire les ont même encouragées, leur stratégie du chaos est à présent manifestement assumée. Elles vont même jusqu’à regretter l’intervention des forces de l’ordre alors que des personnes ont été blessées.

Une ligne rouge a été franchie. Toutes les conséquences en seront tirées tant sur le plan disciplinaire que pénal. Sachez que pour ma part et toute l’équipe, nous ne nous trompons pas de combat : l’avenir de Paris 1 passe par la cohésion de sa communauté. Tous ceux qui jouent sa fracture desservent notre université.

Christine Neau-Leduc
Présidente de l’université

Ces évènements s’insèrent dans le contexte du vote sur la fin de l’exonération d’une majeure partie des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extra-communautaires dans le budget 2026 de l’université.

Les étudiants de l’université sont désormais bien habitués aux messages de la présidente très critiques vis-à-vis des débordements, récurrents pendant les mobilisations étudiantes, tout comme aux emails virulents du SAP1 (syndicat classé à l’extrême-gauche).

Il semble également qu’une nouvelle étape ait été franchie, puisqu’il est très rare que l’exécutif de l’université attaque des organisations syndicales frontalement. La Fédé Paris 1, organisation se présentant comme apolitique et s’étant classée 2ème aux dernières élections universitaires, n’a pas encore réagi à l’heure de publication de cet article. Elle s’est toutefois opposée publiquement à la mesure contestée.

Chacun ne pourra que déplorer l’entrée de policiers dans cette belle université pour la première fois depuis l’évacuation de Tolbiac en 2018 et appeler de ses vœux un retour à un climat universitaire apaisé.

Affaire archive.today : une association française accusée d’abus de droit

Dans un billet de blog publié le 13 novembre 2025, le service de blocage de publicités et de protection de la vie privée AdGuard dénonce les agissements de la Web Abuse Association Defense (WAAD), une association loi 1901 établie en France.

Le service basé à Chypre affirme que :

Il y a quelques semaines, nous avons été contactés par un représentant de l’association Web Abuse Defense, un groupe français qui se dit engagé dans la lutte contre la pédopornographie. Leur site web est webabusedefense.com.

Ils ont exigé que nous bloquions le domaine archive.today (et ses miroirs) dans AdGuard DNS, prétendant que l’administrateur du site refusait de supprimer du contenu illégal depuis 2023. Précisons qu’Archive.today permet aux utilisateurs de prendre des « captures d’écran » de n’importe quelle page web, y compris celles contenant du contenu potentiellement illégal. Dans ce cas, il incombe à l’administrateur du site de répondre aux signalements et de supprimer rapidement ce contenu.

Cela nous a paru étrange : nous ne sommes pas un fournisseur d’hébergement, et il nous semblait inhabituel qu’un service d’infrastructure comme le nôtre soit sollicité pour une telle intervention.

Peu après, la situation a dégénéré en ce que nous ne pouvions décrire autrement que comme des menaces directes.

AdGuard explique ensuite avoir contacté Archive.today, qui aurait retiré les contenus litigieux en seulement quelques heures. Elle ajoute :

Le contenu illégal a été rapidement retiré d’Archive.today après notre notification.

Les plaintes déposées contre le site sont extrêmement suspectes. Dans notre cas, elles provenaient d’une organisation récemment enregistrée, qui semble avoir été créée délibérément pour dissimuler l’identité de ses responsables.

L’exemple de plainte partagé par l’administrateur d’Archive.today présente des signes d’usurpation d’identité. Nous avons contacté la personne concernée et attendons sa réponse.

Dans notre cas comme dans l’autre exemple, les destinataires ont subi des pressions pour agir en vertu de la loi française LCEN. Or, cette même loi prévoit également des sanctions pour les fausses déclarations.

Nous estimons qu’il existe des indices de comportement criminel qui devraient faire l’objet d’une enquête. Par conséquent, nous allons déposer une plainte officielle auprès de la police française, en fournissant tous les détails pertinents.

Ces événements surviennent alors que le FBI enquête sur le propriétaire d’Archive.today. Il semblerait que cette enquête soit liée à l’hébergement de contenu pédopornographique. Bien que nous ne puissions confirmer aucun lien entre cette affaire et la nôtre, le timing est pour le moins suspect.

De son côté, l’association WAAD semble principalement exister à travers un site internet lacunaire. Elle ne met pas en avant l’identité de ses membres ni de son président ; elle n’a pas répondu à ma demande relative à l’existence d’actions physiques et semble principalement active sur Twitter.

Elle a répondu dans la journée avec la publication d’un « communiqué de presse » dénonçant ce qu’elle estime être des contradictions dans le billet de blog publié par AdGuard et déplorant un « doxxing » qu’elle subirait. Elle ajoute que « une plainte sera à l’étude contre Adguard et ses relais dans les prochaines semaines ».

Alors que la lutte légitime contre l’exploitation sexuelle des mineurs semble de plus en plus détournée comme prétexte pour justifier des atteintes à la vie privée en ligne, cette saga juridique à venir semble bienvenue.

Blocages de Tolbiac : la présidence de l’université hausse le ton

Alors que l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a été secouée par un scandale d’antisémitisme dans des groupes WhatsApp de licence il y a moins de 2 mois, la présidence de l’université menée par Cristine Neau-Leduc semble sur les nerfs.

Un email envoyé à l’ensemble des agents et usagers de l’université dans l’après-midi du 5 novembre 2025 annonce :

« Chères et chers collègues,
Chères étudiantes, chers étudiants,

Hier, un nouveau blocage du centre Pierre-Mendès-France a eu lieu. A la mi-journée, quelques dizaines d’étudiants ont empêché l’accès aux ascenseurs entravant dès lors le fonctionnement normal du site pour le reste de la journée. En conséquence, une fois encore, les enseignements prévus dans les étages du centre l’après-midi n’ont pas pu se tenir et l’activité générale sur place a été fortement perturbée.

Ce recours régulier aux blocages est intolérable et entraîne des conséquences pédagogiques désastreuses pour les étudiants tout autant qu’il dégrade les conditions de travail des personnels. Il induit également des risques significatifs en matière de sécurité des personnes et des biens.

Ces comportements s’inscrivent par ailleurs dans un contexte permanent de diffusion de fausses informations et d’accusations mensongères qui, s’il n’est pas étonnant vu l’évolution du débat public dans les sociétés occidentales, est particulièrement inquiétant dans une université, lieu par excellence du savoir et du débat éclairé. Nul doute que la communauté universitaire dans sa grande majorité sache faire la part des choses et restituer aux mots démocratie, liberté et répression leurs sens véritables.

Dans ce contexte, nous avons constaté hier plusieurs actes et comportements parfaitement inacceptables dans ce qui apparaît, au-delà de la lassitude et de l’épuisement qui nous saisissent toutes et tous devant cette situation, une aggravation insupportable.

Ainsi, hier, des étudiants ont tagué à de nombreuses reprises les murs du bâtiment. Hier, deux portes ont été fracturées. Plus grave encore, un agent de l’université a fait l’objet d’une menace de mort dans un tag. Un cap a été franchi. Une plainte auprès du procureur de la République est en cours de dépôt.

Pour légitimes que pourraient paraître les causes défendues, une mobilisation n’autorise pas tout et n’importe quoi et sûrement pas les menaces à l’encontre des personnels de l’établissement et les dégradations. Nous tenons d’ailleurs à réaffirmer sans aucune ambiguïté notre soutien à tous les personnels qui subissent de tels comportements inadmissibles et, de manière générale, un bouleversement trop répétitif de leurs conditions de travail.

Chacune et chacun a le droit d’étudier et de travailler dans de bonnes conditions et il est de notre responsabilité d’assurer le fonctionnement normal des sites. Depuis désormais de nombreux mois, et même plusieurs années, nous subissons des blocages à répétition menés souvent par un très faible nombre d’étudiants. L’université a toujours respecté les mobilisations. Elle accorde notamment systématiquement des amphithéâtres pour les assemblées générales dès lors que la demande en est formulée. Il a même parfois été toléré certains comportements excessifs, à la limite du supportable. Cela a d’ailleurs pu être reproché. Mais il s’agissait alors de tenter de conserver un équilibre qui semblait pouvoir être préservé, en dépit de son impact conséquent sur la communauté universitaire. La limite est désormais franchie. Le fonctionnement de l’université, la continuité du service public, notamment pédagogique, la sécurité des personnels et des étudiants sont désormais mis en péril. Épuisement des personnels, menaces de mort, dégradations, tout cela n’est plus supportable.

Les étudiants qui s’enferment dans une telle démarche de blocages à répétition feront désormais l’objet de poursuites disciplinaires systématiques et d’interdiction de campus. Les organisations qui soutiennent ou participent aux blocages et qui refusent de se conformer aux règles de fonctionnement de l’université se verront retirer leur reconnaissance. Une réunion d’échange en présence des organisations étudiantes représentatives a été organisée par le directeur général des services le 3 novembre dernier afin de rappeler expressément les règles applicables et même les ajuster au besoin. Elles ont été acceptées par les organisations étudiantes dans un échange constructif avec les participants qui doit être salué. Il peut d’ailleurs être regretté que certaines organisations aient fait le choix de ne pas y prendre part.

Il existe dans notre démocratie universitaire de nombreuses voies pour mener le débat et exprimer son désaccord. Le blocage, les menaces et les dégradations ne sauraient en faire partie. Chacune et chacun a le droit d’étudier et de travailler dans des conditions sereines et il est du devoir de l’université, de notre devoir collectif, de le garantir.

Christine Neau-Leduc,
Présidente de l’université »

S’attaquer aux blocages emblématiques de Tolbiac est une démarche risquée, les observateurs avertis sachant que la professeure Neau-Leduc perdra probablement ce match.

Certaines organisations étudiantes se questionnent par ailleurs sur les raisons ayant poussé la présidence à réagir. Dans un communiqué publié la veille, le Poing Levé Paris 1, syndicat d’extrême-gauche aux méthodes souvent douteuses, affirmait :

« Après le succès des journées de mobilisation pour la Palestine du 15 et 21 octobre, la présidence de Paris 1 a choisi de passer à l’offensive pour empêcher que les mobilisations se poursuivent. En effet, ce lundi la Direction Générale des Services (c’est à dire l’institution interne à Paris 1 qui gère pour la présidence les questions de « sécurité » notamment) a « invité » l’ensemble des élu·es étudiant·es à une réunion. […]

Cette « invitation » est une véritable tentative d’intimidation contre les organisations qui ont appelé aux journées de mobilisation pour la Palestine du 15 et 21 octobre dernier, et plus largement une tentative d’empêcher toute mobilisation étudiante contre le génocide et la colonisation en Palestine à Paris 1. En « invitant » de la sorte les organisations étudiantes, elle cherche à désinciter à la tenue de prochaines dates de mobilisation, de peur de voir se développer un véritable mouvement étudiant qui remette en question les fondements même de l’université sélective, austéritaire et complice du génocide que veut imposer le gouvernement. Après les coups de pression, les locks out, et le refus de laisser entrer des militant·es des flottilles dans l’université, la fac passe par les organisations étudiantes et de personnel·es pour tenter d’intimider les étudiant·es et personnel·les solidaires avec la Palestine. »

Tolbiac la rouge est-elle allée trop loin ? Affaire à suivre. 🍿

À la Sorbonne, Jean-Christophe Camart choisit bêtement la répression

La démocratie universitaire mérite mieux.

Dans un courriel envoyé aux étudiants de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Jean-Christophe Camart annonce :

Chères toutes, chers tous,

Depuis deux jours le centre PMF fait à nouveau l’objet de blocages de la part d’étudiants. Ceux-ci empêchent les accès aux étages et perturbent le bon fonctionnement de l’établissement.
Ces blocages sont réalisés par une trentaine d’étudiants au maximum sans revendications claires, sans une quelconque volonté de dialogue, dans un mépris total de tout fonctionnement démocratique.
Ils sont parfaitement inacceptables.

Malgré la volonté et l’engagement total des équipes de PMF, nous ne sommes pas parvenus à obtenir la levée de ces blocage qui fatiguent, pénalisent et démoralisent nombre d’étudiants et de personnels de l’université.
Cela a assez duré. J’ai demandé à l’administration de convoquer les responsables en vue de possibles poursuites disciplinaires.
Des mesures conservatoires seront prises si nécessaire pour assurer le fonctionnement normal de l’université.

Je vous assure de mon engagement pour faire cesser le plus rapidement ces troubles et permettre à chacune et chacun de poursuivre les dernières semaines d’enseignement dans des conditions sereines afin de préparer au mieux la tenue des examens.

Cordialement,

Jean-Christophe Camart,
Administrateur provisoire

Quelle indignité de la part du cet administrateur provisoire, nommé en décembre 2024 après l’annulation des élections étudiantes de novembre 2024, et probablement soucieux de laisser sa trace avant son remplacement imminent !

Soyons clairs : les blocages répétés de Tolbiac (« campus Pierre Mendès France » ou simplement « PMF ») pour des motifs divers et souvent farfelus1 sont fatigants et doivent prendre fin. Pour cela, la présidence de l’université peut agir simplement : engager le dialogue et, en cas d’échec, faire entrer les forces de l’ordre qui disperseront la manifestation sous l’oeil attentif des caméras, de la loi et des tribunaux.

Malheureusement, ce n’est pas la voie choisie par M. Camart. Celui-ci a préféré recourir à l’action disciplinaire, qui n’a jamais brillé par son efficacité ni par sa légitimité ; certains étudiants auraient ainsi d’ores et déjà reçu des emails de convocation.

Le droit de manifester est fondamental, en plus d’être central dans l’histoire de notre université. Convoquer des étudiants mobilisés, pacifiques et n’ayant commis aucune dégradation auprès de la section disciplinaire ne fera que lui faire perdre en crédibilité, en plus d’ajouter de l’eau au moulin des syndicats étudiants appelant aux blocages. C’est une subversion honteuse des droits des étudiants.

  1. Le blocage d’aujourd’hui visait à obtenir la démission d’un professeur accusé de violences sexuelles mais ayant bénéficié d’un non-lieu auprès de la justice. Chacun se fera une idée de la pertinence de cette action… ↩︎

La mairie de Paris remplace à nouveau les arbres de la place de la Contrescarpe

Ce mardi 4 mars 2025, les habitants et visiteurs du quartier de la Contrescarpe ont découvert une triste surprise qui a fait beaucoup parler : les arbres ornant la place de la Contrescarpe ont été abattus par les services municipaux.

Peu importe que de nouveaux arbres de la même espèce aient été plantés sur la place dès le lendemain matin : le débat sur les réseaux sociaux était lancé et il n’a pas fallu longtemps pour que de fausses informations viennent se mêler aux vives critiques des internautes vis-à-vis de l’exécutif parisien.

La place a fait l’objet d’une important réaménagement en 2017, qui, combinée à un mauvais entretien et à une invasion de rats s’installant au pied des arbres de la place, ont causé la mort de ceux-ci. Deux d’entre eux avaient déjà été abattus et replantés en 2021 et n’auront donc survécu que 3 ans.

Des grilles métalliques ont été installées au pied des nouveaux arbres, pour éviter qu’ils ne se fassent également ravager par les rongeurs.

Espérons que la place redevienne vite l’oasis qu’elle était auparavant. 🙏🏻

L’extension Honey accusée de mentir à ses utilisateurs

En théorie, l’extension de navigateur Honey (appelée PayPal Honey depuis son rachat) est un moyen très pratique de trouver des coupons et réductions sur ses achats en ligne. L’extension est devenue très populaire grâce à ses partenariats avec de nombreux influenceurs à succès.

Mais, dans une vidéo publiée le 22 décembre 2024 (en anglais), le youtubeur MegaLag affirme que l’extension est une « arnaque » et que Honey a « volé de l’argent à des influenceurs, y compris ceux payés pour promouvoir » l’extension.

Sur son site internet, Honey promet de trouver tous les codes promotionnels qui existent sur internet et d’appliquer « automatiquement le plus avantageux à votre panier ». Cependant, MegaLag révèle qu’il arrive fréquemment que l’extension ne trouve pas de code ou qu’elle propose un code de marque Honey, même si une simple recherche sur Internet permet d’en trouver un meilleur. En effet, l’extension permet à ses sites marchands partenaires d’ignorer les meilleures offres, pour ne proposer aux utilisateurs que certains coupons moins avantageux.

MegaLag affirme également que Honey détourne les revenus d’affiliation des influenceurs : lorsqu’un utilisateur clique sur un lien d’affiliation d’un influenceur, Honey insère son propre lien de suivi au moment du paiement, peu importe que l’extension ait trouvé un bon de réduction ou non. C’est alors Honey qui est crédité de la vente, et non le youtubeur ou le site internet dont le lien a conduit l’utilisateur jusqu’au produit.

Enfin, MegaLag souligne qu’Honey propose un système de cashback extrêmement désavantageux pour les utilisateurs. Il fournit l’exemple d’un abonnement pour un VPN grand public sur lequel Honey reverse à l’utilisateur 89 centimes sur 35 dollars de revenus d’affiliation.

Ce sont des pratiques commerciales franchement scandaleuses. Si ce n’est pas déjà fait, voici les étapes à suivre pour désinstaller l’extension.

De fausses cartes d’étudiant générées sur internet et utilisées à la Sorbonne

Jusqu’où ira l’inventivité des étudiants de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dont certains campus sont bloqués par des mobilisations propalestiniennes depuis désormais 1 mois ?

Après l’introduction en 2023 de la possibilité pour ses étudiants de présenter une carte d’étudiant au format numérique pour entrer sur les campus, les services de l’université Paris 1 ont fait une découverte inattendue : un site internet permettait à n’importe qui de générer une fausse carte d’étudiant.

Voici une copie de l’email envoyé à la communauté étudiante le jeudi 27 novembre 2024 :

« Madame, Monsieur,

Nous vous informons que les services de l’université ont constaté l’existence d’une application externe permettant de reproduire les cartes d’étudiant dématérialisées de l’établissement et de générer ainsi des faux.

Cet incident particulièrement grave a donné lieu à un dépôt de plainte et à l’ouverture d’une enquête pour en comprendre l’origine et en tirer toutes les conséquences.

Dans ces conditions, à compter de demain matin, le contrôle d’accès effectué à l’entrée des centres de l’université sera renforcé en conséquence et nous vous remercions de bien vouloir vous conformer aux demandes qui pourraient de ce fait vous être formulées par les agents de sûreté. Le cas échéant, l’accès aux centres pourra être refusé. »

Dans un message envoyé le lendemain, la présidente de l’université Christine Neau-Leduc a précisé :

« Si un mouvement de solidarité avec les civils palestiniens est évidemment légitime, il ne permet pas tout. Il n’autorise ni les blocages ni de s’affranchir de toutes les règles avec pour conséquence de mettre inconsidérément en péril la sécurité des centres de l’université, de ses étudiants et de ses personnels. L’existence d’une application externe permettant de reproduire les cartes d’étudiant dématérialisées et de générer ainsi des faux, qui visait sans nul doute à permettre l’entrée dans les centres de l’établissement de personnes extérieures à l’université sans autorisation, a été constatée par les services. Son usage a été documenté. Ces faits sont extrêmement graves et ont fait l’objet d’un dépôt de plainte. Depuis, cette application n’est plus en ligne mais en lieu et place se tient une déclaration revendiquant cette action au nom de la mobilisation en cours dans l’université. C’est intolérable. L’université a obtenu la dépublication de cette page. »

Il convient de rappeler que l’université Paris 1 est l’une des rares universités à exiger la présentation d’une carte d’étudiant en cours de validité pour entrer dans ses campus. À la lecture de ces emails, il apparaît vraisemblable que des étudiants mobilisés sur le campus Pierre Mendès France (« Tolbiac ») aient cherché à faire entrer des personnes extérieures à l’université pour les faire participer à la mobilisation.

Un an plus tôt, en novembre 2023, le service informatique de l’université avait déjà modifié la carte étudiant dématérialisée pour y ajouter un large filigrane affichant une horloge, afin d’empêcher l’utilisation de captures d’écran. Cette mesure de sécurité n’aura visiblement pas suffi.

Meta n’arrive pas à masquer les actualités sur Facebook

Sherwood News, un média que j’affectionne particulièrement, vient de publier une enquête pour le moins étonnante : le New York Times est devenu le média le plus populaire sur Facebook depuis août 2024, en dépit de la stratégie anti actualités poursuivie par Meta.

En effet, Meta a apporté en 2023 d’importantes modifications au fonctionnement du fil d’actualité de Facebook afin de réduire la quantité d’actualités vues par les utilisateurs. Entre avril et mai 2023, le trafic total en provenance de Facebook vers les sites internet des journaux avait ainsi chuté de plus de 50 % en un mois.

Une fois les médias traditionnels évincés, le contenu religieux avait envahi la plateforme : entre novembre 2023 et juillet 2024, les articles d’actualité les plus populaires sur la plateforme provenaient tous d’un blog catholique fondamentaliste.

Et pourtant, dans un intriguant retournement de situation, le New York Times, plus grand organe de presse américain en nombre d’abonnés, et sa couverture de l’élection présidentielle a repris la première place sur le réseau social (avec Fox News en distant second).

Comment expliquer cette contradiction ? Ryan Broderick l’explique par l’intérêt légitime du public pour les informations : « les utilisateurs de Facebook se sont tellement intéressés à l’élection que même l’algorithme n’a pas pu les empêcher de lire des articles à ce sujet ».

C’est encore un rappel important que nombre d’algorithmes sont avant tout des boîtes noires, dont même leurs créateurs sont incapables d’anticiper le comportement…

MSN change de logo pour la première fois depuis 10 ans

MSN, le portail web ouvert par Microsoft en 1995 et qui est aujourd’hui paramétré par défaut sur le système d’exploitation Windows et le navigateur internet Microsoft Edge, a discrètement actualisé son logo pour la première fois depuis 2014.

Logo de MSN entre 2014 et 2024.

Le nouveau logo utilise le langage de conception Fluent Design et les ailes ont été redessinées et colorisées à nouveau, rappelant l’iconique logo des années 2000. Je trouve le résultat très réussi !

Les données MonMaster de l’Institut polytechnique de Paris publiées par erreur

Seulement quelques jours après l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’Institut polytechnique de Paris vient d’annoncer aux étudiants qui ont candidaté à ses formations sur la plateforme MonMaster en 2024 qu’un certain nombre de leurs informations personnelles sont désormais dans la nature.

Contrairement à l’incident ayant affecté Paris 1, il semble ressortir de la communication de Polytechnique que cet incident a été causé par une simple erreur technique, et non par les actions d’un acteur malintentionné. Voici une copie de l’email envoyé aux candidats concernés le mardi 15 octobre 2024 :

Madame, Monsieur,

En vertu des obligations issues du règlement (UE) 2016/679 (« Règlement général sur la protection des données »), notamment ses articles 33 et 34, l’Institut polytechnique de Paris (« IP Paris ») et sa Graduate School vous informent avoir rencontré un incident lors du traitement des données personnelles des personnes ayant soumis une candidature aux Masters d’IP Paris pour la rentrée 2024-2025 via la plateforme nationale dématérialisée MonMaster.

Cet événement s’est traduit par la publication non volontaire d’informations personnelles concernant un nombre important de candidats, notamment des données d’identité (nom, prénoms, date et lieu de naissance, numéro INE), des coordonnées numériques et téléphoniques (e-mail, numéros de téléphone) ainsi que des données professionnelles (parcours académique et CV).

Les données issues des comptes numériques pour la connexion à l’interface MonMaster ne sont pas concernées.

Cet incident a été déclaré à la CNIL. Les mesures afin d’atténuer les risques pour votre vie privée ont été prises, en particulier la suppression du dysfonctionnement à l’origine de l’incident.

Ironie du sort, l’envoi de cet email aux candidats concernés a été effectuée sur une liste de diffusion mal configurée, ce qui a engendré de la confusion chez nombre de destinataires. L’IP Paris ne semble pas au bout de ses déboires informatiques…