La police entre à Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour la première fois depuis 2018

Dans un email envoyé à l’ensemble de la communauté de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne le jeudi 11 décembre 2025 au soir, la présidente de l’université affirme :

Ce soir, je m’adresse à vous solennellement.

Pour la première fois, j’ai été obligée de demander l’intervention des forces de l’ordre.

Étudiants cagoulés, propos injurieux et menaces physiques à l’adresse des personnels, personnels de sécurité piétinés et frappés, vitres brisées et autres dégradations : c’est face à une situation en train de dégénérer gravement et face aux risques importants pour les 200 personnes présentes environ, y compris les étudiants les plus violents, que j’ai dû me résoudre à recourir aux forces de l’ordre.
Fort heureusement, à leur arrivée à l’extérieur, la situation s’est rapidement apaisée dans les locaux et leur intervention n’a pas été nécessaire. Seuls quelques policiers sont entrés dans l’université afin d’évaluer la situation et faire les constatations d’usage pour les plaintes qui seront déposées. Il n’y a pas eu d’interpellations.

Aucune mobilisation, aucun désaccord n’autorise le recours à la violence. L’université doit rester le sanctuaire d’un débat éclairé et apaisé.

Tout est mis en œuvre pour identifier et sanctionner les auteurs de ces faits d’une particulière gravité. Quant aux organisations (CGT, SUD éducation, Le Poing Levé et SAP1) qui, sous couvert de mobilisation, ont diffusé de fausses informations, ont contribué à empêcher la tenue d’une instance démocratique, le conseil d’administration, et n’ont rien fait pour empêcher ces violences, voire les ont même encouragées, leur stratégie du chaos est à présent manifestement assumée. Elles vont même jusqu’à regretter l’intervention des forces de l’ordre alors que des personnes ont été blessées.

Une ligne rouge a été franchie. Toutes les conséquences en seront tirées tant sur le plan disciplinaire que pénal. Sachez que pour ma part et toute l’équipe, nous ne nous trompons pas de combat : l’avenir de Paris 1 passe par la cohésion de sa communauté. Tous ceux qui jouent sa fracture desservent notre université.

Christine Neau-Leduc
Présidente de l’université

Ces évènements s’insèrent dans le contexte du vote sur la fin de l’exonération d’une majeure partie des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extra-communautaires dans le budget 2026 de l’université.

Les étudiants de l’université sont désormais bien habitués aux messages de la présidente très critiques vis-à-vis des débordements, récurrents pendant les mobilisations étudiantes, tout comme aux emails virulents du SAP1 (syndicat classé à l’extrême-gauche).

Il semble également qu’une nouvelle étape ait été franchie, puisqu’il est très rare que l’exécutif de l’université attaque des organisations syndicales frontalement. La Fédé Paris 1, organisation se présentant comme apolitique et s’étant classée 2ème aux dernières élections universitaires, n’a pas encore réagi à l’heure de publication de cet article. Elle s’est toutefois opposée publiquement à la mesure contestée.

Chacun ne pourra que déplorer l’entrée de policiers dans cette belle université pour la première fois depuis l’évacuation de Tolbiac en 2018 et appeler de ses vœux un retour à un climat universitaire apaisé.

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