Il est urgent de dépasser la haine de la climatisation

Un bloc externe de climatisation fixé à un mur.

Les pays d’Europe de l’Ouest font figure d’exception parmi les pays développés en ayant un taux d’adoption très faible de la climatisation : seuls 3% des foyers allemands et anglais et 5% des foyers français en avaient une en 2018, d’après l’Agence internationale de l’énergie. À l’inverse, ce taux est de 90% aux États-Unis et au Japon, de 60% en Espagne et de 39% en Italie.

Au-delà de cette adoption très faible, je constate régulièrement que s’équiper d’une climatisation est socialement mal vu par une majorité de Français : ce geste est vu comme égoïste, voire climaticide. C’est ainsi que l’institut de sondages Opinion Way relevait en 2021 que 75% des personnes interrogées indiquent ne pas souhaiter se munir d’un climatiseur, et ce malgré la hausse des températures.

En effet, tout le monde sait aujourd’hui (n’en déplaise à Nicolas Sarkozy) que les vagues de chaleur s’intensifient – et continueront à s’intensifier de manière exponentielle – dans le monde en raison du dérèglement climatique d’origine humaine.

Les conséquences sont importantes. Sur le plan sanitaire d’abord : sur l’été 2023, Santé Publique France a relevé 1 500 décès attribuables à la chaleur (ce chiffre étant probablement sous-évalué). Sur le plan économique ensuite : les épisodes caniculaires font chuter dramatiquement la productivité des travailleurs, tous secteurs confondus. Sur le plan de la qualité de vie, enfin : quel dommage de continuer à subir un tel inconfort 120 ans après l’invention d’une technologie aussi révolutionnaire !

Cette mauvaise réputation de la climatisation est-elle justifiée ? Si les climatiseurs mobiles, qui sont peu coûteux et se vendent comme des petits pains tous les étés, ont une efficacité énergétique très faible, ça n’est pas le cas des pompes à chaleur air-air (aussi appelées « clim réversibles »), qui sont extrêmement efficaces.

De plus, il ne faut pas oublier que l’électricité française est quasi totalement décarbonée. Installer une pompe à chaleur et l’utiliser toute l’année, même si on la faisait tourner à 18°C tout l’été, est donc infiniment meilleur pour l’environnement qu’utiliser 4 mois par an un simple chauffage au gaz.

Qu’est-ce que l’Europe attend ? Elle n’a pas le choix : il devient urgent d’équiper en masse sa population en pompes à chaleur pour se préparer aux prochaines décennies.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *