Je me sens obligé de partager (et de traduire maladroitement) cet excellent article publié par Matt Webb sur son blog Interconnected :
« Je suis sur une plage au bord d’un lac dans le nord de l’Italie et je prends conscience de l’effort que représente « être sur la plage ».
L’emballage, bien sûr. Identifier l’équipement nécessaire en termes de vêtements, de chaussures de plage, de coupe-vent, de jeux pour la plage, de jeux pour l’eau, de crème solaire, de serviettes, de glacière, etc. […]
Transbordement depuis la voiture. Identifier un endroit où s’asseoir, s’installer avec des serviettes, sortir les choses des sacs, s’habiller, mettre de la crème solaire, remettre différentes choses dans les sacs, gonfler les structures gonflables.
Quand allons-nous déjeuner ? Quelqu’un veut-il boire quelque chose ? Quelqu’un devra s’occuper des sacs. Ou devons-nous prendre les sacs ? Déplacer périodiquement les serviettes pour rester au (a) soleil ou (b) à l’ombre (rayer la mention inutile).
Finalement, aller dans l’eau. Ça fait beaucoup de choses à faire.
Je connais des gens qui ont l’habitude d’aller à la plage et d’y rester, et l’on pourrait imaginer que cela se traduise par l’établissement rapide et en douceur d’un camp et la sécurisation des lignes de ravitaillement, mais il s’avère que la complexité ne fait qu’augmenter, et qu’il y a plus de marchandises et plus d’architecture de plage, de sorte qu’un petit plongeon au milieu de la journée est suivi de grands exploits logistiques pour le déballage, puis de la même chose en sens inverse. […]
Pendant que je me débat entre l’application du SPF-50 et le rangement de mes affaires pour éviter de remplir ma chemise de sable ou de mettre des cailloux dans mes chaussures, que je tourne les serviettes encore et encore pour les disposer de manière à obtenir un accès optimal (a) au soleil ou (b) à l’ombre (supprimer comme précédemment), que je prends un livre puis que je suis détourné par le besoin de prendre quelque chose dans un sac, que je suis détourné parce que quelqu’un a besoin d’une serviette, une pile profonde de diversions imbriquées les unes dans les autres, toutes ces diversions se succèdent, une pile de diversions imbriquées, toutes incomplètes, oh maintenant il est temps de déplacer les serviettes à nouveau/d’appliquer de la crème solaire/et ainsi de suite, et tout ce que je veux vraiment c’est une glace, toute cette performance baroque que je considère comme une corvée chronophage interférant avec mon temps à la plage, eux la considèrent comme l’intérêt même d’être ici. »