La position de chaque photo à avoir été jamais prise depuis la Station spatiale internationale

En 2013, le programmeur Nathan Bergey a partagé sur son site internet une analyse que j’ai trouvée très intéressante : celle de toutes les photographies de la Terre prises depuis la Station spatiale internationale depuis son lancement en 1998.

Sur cette période de 14 ans, 1 129 177 photographies ont été prises et archivées. En récupérant la position de chacune de ces photos et en les plaçant sur une carte, on aboutit à un résultat hypnotisant :

Un point est placé pour chaque photo.

Sans grande surprise, l’immense majorité des photos portent sur des terres – les mers couvrent 71% du globe, mais j’imagine que les photographier devient vite lassant.

Le site internet de Nathan Bergey n’a pas été mis à jour depuis plus de 10 ans, mais il contient toujours d’autres analyses intéressantes, et notamment une analyse des photos mission par mission. Je recommande d’y jeter un œil. 🙂

Run and Bike : le nouveau sport proposé à la Sorbonne en 2024

Depuis la rentrée de janvier 2024, le service des sports de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne propose un nouveau sport aux étudiants : le run and bike (en français, course et vélo).

La page dédiée au sport sur l’intranet de la fac n’est pas très loquace, indiquant simplement :

« Courrez et pédalez avec un vélo pour deux !
Une façon ludique de développer l’esprit d’équipe et de renforcer la cohésion. »

– Grégory Burnichon, professeur à l’UEFAPS de Paris 1

Il s’agit en vérité d’une forme dérivée du duathlon, qui consiste à faire courir et pédaler deux étudiants en duo pendant 40 minutes sur une boucle longue de 1 kilomètre. L’objectif est de faire la distance la plus longue possible, en organisant les transitions entre vélo et course de la manière la plus astucieuse possible le long du parcours. Il s’agit d’une activité assez intense, mais accessible à tous – à condition de savoir faire du vélo. 🙂

Pour ce premier semestre de test, un seul TD est proposé, le vendredi de 15:00 à 16:30 à la Cité universitaire de Paris. Le professeur, Grégory Burnichon, a indiqué vouloir changer de créneau à partir du semestre suivant pour attirer plus d’étudiants.

Le trajet le plus rapide entre Paris et Annecy

Ma famille vit actuellement à Annecy tandis que je fais mes études à Paris. Je suis donc amené à faire de nombreux allers-retours entre ces deux villes, qui m’ont amené à rechercher la manière la plus rapide possible de faire ce trajet.

Le trajet en voiture entre Annecy et Paris prend entre 5 heures 45 et 6 heures, quand les conditions de circulation sont favorables. On élimine donc directement la voiture.

Pour le commun des mortels, on élimine aussi l’hypothèse de l’avion, puisque Annecy ne dispose que d’un aérodrome qui n’est accessible qu’aux petits avions privés. Les aéroports commerciaux les plus proches, à Lyon et à Genève, sont trop éloignés pour que la vitesse de l’avion permette de récupérer le temps perdu pour aller à l’aéroport parisien.

La seule solution rapide restante est le train. 4 TGV directs relient chaque jour Annecy à Paris dans chaque sens, en 3h47 ou 3h50. C’est sans aucun doute la meilleure solution pour se déplacer entre ces deux villes – mais on peut faire encore mieux !

La ligne de bus régulière Flixbus S766 relie Chamonix à Lyon Perrache via Sallanches, Annecy et l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Pour seulement 15 €, il est possible de partir d’Annecy le lundi matin à 09:05 pour arriver à l’aéroport de Lyon à 10:25. Ensuite, le TGV INOUI N°6908 vous y attend à 10:56 pour arriver à Paris à 12:46 pour 35 €.

Durée totale du trajet, en comptant la demi-heure de changement à l’aéroport : 3 heures et 41 minutes. Record battu. 🙂

Pleurer une fois par semaine

Cry Once a Week (en français, Pleurer une fois par semaine) est un site internet qui montre des choses tristes. Voilà, c’est tout, c’est le concept.

La page d’accueil du site affirme que :
« La science montre que pleurer peut soulager le stress pendant une semaine.
Cliquez ci-dessus pour regarder une vidéo qui fait pleurer et prenez un moment pour vous laisser aller à ressentir quelque chose. »

N’hésitez donc pas à passer y faire un tour et à cliquer sur le gros bouton « Sentir quelque chose ». Résultats garantis. 🥲

Prendre le TGV Paris – Turin – Milan après l’éboulement dans la vallée de la Maurienne

En raison d’un éboulement survenu le dimanche 27 août 2023 sur la voie ferrée sur la commune de Saint-André, dans la vallée de la Maurienne, le trafic ferroviaire est interrompu entre les gares de Saint-Michel Valloire et de Modane.

J’ai eu l’occasion de me rendre en train à Turin ce lundi 21 février 2024 (TGV inOui n°9249), et de rentrer à Paris depuis Milan ce jeudi 24 février 2024 (TGV inOui n°9248). À la suite de l’éboulement, la SNCF a mis en place une offre de substitution en trois étapes, qui implique de réaliser en bus le trajet entre les gares de Saint-Jean de Maurienne et de Oulx, de part et d’autre de la frontière entre la France et l’Italie.

Je dois admettre que l’expérience fournie par la SNCF a été relativement fluide. Je n’ai pas payé mon billet très cher (34€, réservé sur Trainline) et le personnel était vraiment gentil et serviable lors des transferts vers et depuis les bus.

Le transfert vers les bus à la gare de Saint-Jean de Maurienne. Des agents SNCF sont présents pour l’embarquement.

Cependant, le voyage en bus n’a pas été la meilleure expérience car il a été très long, et ce dans les 2 sens :

  1. Nous avons attendu 20 minutes pour que les bus partent ;
  2. Le contrôle aux frontières de toutes les pièces d’identité et passeports a pris plus de 30 minutes ;
  3. Nous avons attendu plus d’une heure à la gare suivante pour que le deuxième train arrive.

Ces délais interminables sont bel et bien prévus dans les horaires affichés des trains : nous sommes arrivés à nos destinations parfaitement à l’heure les deux fois. Je pense tout de même que ce planning élaboré par la SNCF est trop conservateur et coûte beaucoup de temps d’attente à tous les voyageurs.

Le transfert vers les cars en gare de Saint-Jean de Maurienne.

Ce trajet de substitution reste une meilleure option que la solution de contournement par la Suisse, qui est excessivement chère, même en réservant des mois à l’avance.

Les internets

« Étant donné que l’on considère le mot Internet comme un nom propre, il est invariable. On n’écrira donc pas, par exemple, les Internets (ni les internets). »

Office québécois de la langue française

internets \ˈɪn.təˌnɛts\ au pluriel uniquement :
1. (Ironique) Internet.

Wiktionary

Les dictionnaires et institutions ont tranché : le mot internet (qu’il soit écrit avec une majuscule ou une minuscule) est toujours invariable. Et pourtant, il y a de nombreux contextes dans lesquels je préfère parler des internets.

Dans son article Comment le pluriel vint au média : les Internets sur Internet, le professeur Étienne Candel souligne que :

« Loin d’être une erreur de langage, parler des Internets au pluriel reflète l’idée d’un réseau potentiellement infini et aux ressources inépuisables. Internet devient dès lors non seulement un lieu, mais un vaste monde à découvrir ».

– Étienne Candel

Le chercheur Frédéric Martel affirme quant à lui dans les colonnes du Point que :

« Nous vivons avec l’idée qu’Internet est global, identique partout. Or, il est partout différent. Les conversations numériques sont toutes singulières. En enquêtant sur le terrain dans une cinquantaine de pays, j’ai constaté que le numérique était très fragmenté, très territorialisé ; que sa dimension globale était très limitée ».

– Frédéric Martel

Ainsi, parler des internets reflèterait mieux la singularité de cette merveilleuse invention. Pensez-y !

Le mystérieux TGV de nuit Paris – Annemasse

En réservant des billets de train pour Annecy sur Trainline ce midi, je suis tombé sur ce train très étrange :

TGV inOui n°707 du 16 janvier 2024

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas un train de nuit (les trains de nuit SNCF utilisent la marque Intercités de Nuit), mais un TGV de nuit ! Il relie les gares de Paris Gare de Lyon à Saint-Gervais-les-Bains – Le Fayet en 9 heures (!!), en s’arrêtant à Annemasse, Cluses et Sallanches-Combloux-Megève.

Ça n’est pas un concept nouveau : il y a en un qui part tous les dimanches soir de Paris Montparnasse, mais ce dernier est normalement le seul de France. De plus, je me rends souvent dans la région d’Annemasse le week-end et c’est la 1ère fois que je le vois.

Je ne sais pas si c’est un train exceptionnel ou si cette liaison sera pérennisée, mais j’espère que ce modèle ne se développera pas – les trains de jour circulant de nuit étant notoirement inconfortables

Modification du 15/02/2024 : cette liaison de nuit circule en réalité chaque hiver à l’occasion des vacances d’hiver. On peut également trouver par exemple un TGV n°981 qui relie Nantes à Bourg-Saint-Maurice en 11h31 le samedi 23 février 2024. Merci @Nicolas pour le commentaire !

Qu’y a-t-il à l’intérieur de ce cratère à Madagascar ?

J’ai enfin regardé la vidéo de Vox intitulée What’s inside this crater in Madagascar? et, comme beaucoup de monde, mes sentiments sont mitigés.

Le concept est simple : une personne remarque une chose étrange sur Google Maps dans un cratère à Madagascar, enquête avec acharnement pendant des mois en envoyant même des gens sur place et résume le tout dans une vidéo très bien réalisée.

Pour ceux qui auraient la flemme de regarder la vidéo : ce nouveau village a été fondé par des agriculteurs à la recherche de terres et d’espaces à cultiver, venant d’une autre région de Madagascar bien plus densément peuplée.

C’est un incroyable travail journalistique et j’ai adoré la vidéo : je recommande très très chaudement son visionnage. Mais, en regardant les réponses sur internet, j’ai constaté que beaucoup de personnes n’ont pas pu s’empêcher de s’interroger sur les sujets involontaires du documentaire : un beau jour, des gens débarquent un jour dans leur village le montrent à des millions de personnes sans vraiment leur demander leur avis. Ces personnes relèvent que le fait d’être « remarqué » par l’internet peut absolument ruiner des lieux et des personnes ; elles se demandent aussi ce qu’il se serait-il passé si les villageois avaient refusé : Vox aurait-il quand même publié leurs recherches ?

Pour ma part, je pense que même s’il s’agit de la meilleure version possible de cette histoire (elle est respectueuse, contextualisée, et les villageois auraient donné leur consentement à l’équipe de tournage après leur arrivée), des questions subsistent en effet.

La Bibliothèque de la Cité des Sciences bloque l’accès à Sci-Hub

L’excellente bibliothèque de la Cité des Sciences, dans le 19ème arrondissement de Paris, a pris une décision pour le moins étrange : elle bloque désormais, sur son réseau WiFi accessible au public, l’accès aux sites internet qui permettent d’accéder gratuitement aux livres et articles scientifiques. On retrouve notamment parmi les sites bloqués Sci-Hub, Library Genesis, Z-Library ou encore Anna’s Archive.

Le message d’erreur sous forme de coup de pression renvoyé par le système.

Il semblerait s’agir d’un simple blocage DNS, donc facile à contourner (même si le fait que le WiFi demande de se réauthentifier toutes les 15 minutes complique le recours à cette situation…). Il est aussi possible de contourner ce blocage en utilisant un réseau 4G / 5G plutôt que le WiFi, ou encore en utilisant le navigateur Tor.

En revanche, j’ai du mal à comprendre pourquoi la BSI a pris cette décision. Ça n’est pas pour se conformer à des obligations légales ou règlementaires, puisque par exemple rien n’oblige au blocage du site Anna’s Archive, qui n’a fait l’objet d’aucune décision de justice en France.

Ces ressources documentaires sont pourtant particulièrement utiles à tous, d’autant plus puisqu’elles permettent l’accès à des ressources scientifiques qui ne sont pas disponibles à la bibliothèque. Ce zèle au blocage me semble particulièrement regrettable.

La folle densité de certaines parties de Paris

En me promenant sur Reddit, j’ai découvert cette image (dont je n’ai pas réussi à retrouver l’auteur) :

Il s’agit d’un croisement entre la rue Eugène-Süe et la rue Simart, dans le 18ème arrondissement de Paris (voir la carte).

D’après ce fil Twitter de @Huzakashi1, cet îlot contient au total 3 321 logements qui accueillent plus de 10 000 habitants sur 0,03 km². À plus de 340 000 habitants par km², cela en fait l’une des densités de population les plus élevées au monde !

Il s’agit donc de l’un des quartiers les plus denses au monde et me fait fortement penser à la citadelle de Kowloon (lecture fortement recommandée !).

Construit en 1879 au nord-est de Gare du Nord, dans le quartier où Émile Zola place le récit de L’Assommoir (un roman sur la pauvreté, l’alcoolisme et la dureté de la vie des ouvriers), ces immeubles signés Paul Fouquiau sont typiques du bâti parisien bon marché construit pour la classe ouvrière de l’époque.